23 avril 2026
Louxor, j'adore !
On s'est embrassés dans le hall de la gare, il s'est retourné après passage des portes, on s'est souri et je suis repartie vers la porte de Clignancourt. J'ai pris la rue de Lyon, puis ai rejoint Bastille. Quand on marche seul, on a l'esprit vagabond, on repense à plein de choses : le pain au chocolat que l'on a partagé ici, la sanisette qu'un sdf s'était annexée un jour de canicule, les marches de l'Opéra où l'on s'est assis un soir, en attendant la fin du spectacle. Il y avait alors du monde, mais peu de sujets à photographier. A République, j'ai pris quelques images, qui me semblent ce soir très justes. Parfois, quand on les revoit des mois plus tard, il arrive qu'une ou deux sortent du lot. Parfois. En suivant Magenta, j'ai commencé à trouver la sortie plus stimulante. Il y avait là pas mal de gens cabossés. Une femme, assez grande, avec des cannes, venait vers moi. Puis il y eut un homme dont le genou était pris dans une attelle bleue. Je doublais bientôt un autre homme ralenti. Nanti d'une béquille complètement oblique, il prenait les deux-tiers du trottoir. Sa peau était très déshydratée, sa mise d'une grande simplicité. A l'auriculaire gauche, il portait une chevalière dotée d'un strass incarnat. Je n'ai pas pris de photo. En passant la gare du Nord, les arrêts de bus rassemblaient une population croissante, harassée. Charters pour les quartiers nord. Je n'avais aucune photo à faire de ces visages fatigués, juste les garder en tête. Devant le Louxor, je t'ai attendu. J'ai pris en photo la mosaïque de l'un des piliers, et les gens, qui passaient. Encore à me prendre pour Auggie Wren, misère !
Tous différents, comme tout ce qui traverse l'esprit quand on se balade seul et que l'on pèse l'intérêt de prendre une photo, la dignité des gens, l'indignité d'outrepasser. Un homme m'a accostée : "Bonsoir, tu fais quoi ici ?". "J'attends mon mari". "Ah ? Eh bien j'aime bien votre style, je voulais vous le dire, bonsoir !". Je suivis des yeux le zig, qui manqua de heurter une silhouette qui montait le boulevard : toi.
20 avril 2026
Trois minutes dans un jour
Ces matins, je passe par une rue longue, très ensoleillée. Ma silhouette m'y devance et s'y étire pleinement. Combien je m'amusais de cette ombre portée enfant, de ce corps déformé au sol, de la silmultanéité de mes gestes par terre, sur un muret, qu'importe. Tout au long de cette longue rue, le jeu reprend ; mon regard est aussi attiré par les gens croisés, embellis par la lumière directe. Kodachrome. Les rouges sont intenses, les blancs, éclatants. Je ferais sans doute mieux de veiller à ce qui peut surgir à droite, à gauche, exclusivement. Mais je ne puis résister à suivre l'ombre au sol comme à me faire des photos (comme on se fait des films). C'est pas mal fichu, une cervelle, tout de même, à pouvoir jouer le pilote automatique tout en s'étonnant de l'étirement d'une ombre, de la photogénie des passants. Mais voilà déjà la place bordée d'arbres, et l'ombre généralisée. Des voitures sortent de tout côté : fin du game.
Le soleil dans le dos, ça vous fait des échasses fabuleuses... pareilles à celles des Parisiennes de Kiraz, ces lianes stylées sexy dont les compagnons tout aussi longilignes avaient l'air idiot. J'ai dû lire ça dans Jours de France autrefois. Papier glacé froissé, salle d'attente, odeur de clou de girofle mêlée de tabac. Les couleurs des dessins étaient fines, tout en camaïeux. Leur humour m'échappait, comme celui des vieilles dames de Jacques Faizant, austères. Aujourd'hui, la férocité de ces dernières me plaît bien.
Côté musiques, j'aime bien ça.
03 avril 2026
Tottori, la Seine et l'Attique
Le prof nous a parlé de la vie de Shoji Ueda, photographe japonais de Tottori. De son humour, de son humilité. Des dunes de son pays, son studio de prédilection. Puis il nous a montré ses photos. Je connaissais déjà Ueda, un ami m'ayant présenté son travail autrefois. Le prof a conclu son focus par un portrait qu'il avait fait de lui, à Arles, en marge des lieux d'exposition, des honneurs. J'aime notre prof, il est toujours très calme, patient. Et il a la dent dure, au point de couper les pattes parfois de la plus zélée de ses étudiants. Le portrait de Ueda est plutôt sympa. Maintenant, le prof a dit : Essayez de faire une photo à la Shoji Ueda. Mais une telle photo ne saurait se faire comme ça, d'un claquement de doigts. Donc j'ai cherché dans mes fichiers ce qui flirterait avec l'œuvre du maître japonais.
On verra bien ce qu'en dit le prof (en général ça se passe plutôt bien).
Ces deux images se ressemblent, dans leurs lignes. C'est un hasard. Elles ont été prises à quinze jours d'écart, à des kilomètres l'une de l'autre. Pour la première, il faisait anormalement doux pour un mois de février, je marchais dans Paris et j'étais encore en forme au moment du déclic. Pour la seconde, nous marchions depuis longtemps dans l'Attique. Des vendeurs faisaient griller du maïs et des marrons chauds à l'ombre. Des familles se baignaient, des gens pêchaient ou simplement s'étaient allongés au soleil du dimanche. C'était un 8 mars et j'avais quelques préoccupations. La mer les a recouvertes le temps de cette promenade.
08 mars 2026
Attique stories
L'air était vif, le soleil caressant, le ciel dégagé. Tu m'as dit : On va voir la mer ? Et passé la lessive au lavomatic d'Ampelokipi, nous voilà partis. Depuis son QG, Manolis Tempélis nous a fait une petite salutation.
Dans le métro aérien, je pensais à la population philippine d'Ampelokipi, côtoyée à chaque passage à la laverie. Depuis Neo Faliro, on a sauté dans le tram orange qui longe la côte jusqu'à Voula (que nous connaissons bien déjà).
Un vieux pêcheur portait toute son attention à sa ligne. Des enfants parcouraient le quai à vélo. C'était paisible à souhait.
Un autre pêcheur fixait à son hameçon du pain et pêchait sans canne. Tout semblait âpre et essentiel pour lui.
Plus loin, deux copains s'exerçaient.
Il y avait tout à savourer dans ce dimanche clair.
Rentrant vers Athènes, nous avons testé notre troisième thé matcha, chez Chai Tea. Le thé au lait était correct, mais vendu avec des quartiers de mangue écrasée, qui parfumaient tout symboliquement la boisson. Donc bof. La veille, nous avions testé Fun Joy, bar à bubble teas assez cool. Mais côté tapioca, les billes sont sucrées : quelle erreur ! Le thé matcha était correct et crémeux, sans plus. L'avant-veille, nous avions initié notre banc d'essai chez My Tea. Sans chichi, le bar est caché dans une petite rue, on peut s'y attarder tranquillou et siroter un matcha assez léger, fluide, mais généreux en tapioca neutre à moins de 4 euros la boisson, ce qui distingue cette échoppe des autres. C'est à ce jour notre chouchou.
Note post : nous avons testé Share Wish, Bubbletale et One tea par la suite qui tient la timbale, perfect !
Nous menons également une présélection de loukoums, mais c'est off ici.
06 mars 2026
Athènes, de marbre frissonnante
Rassurés par l'issue du périple de notre fils, nous avons pu ce soir commencer vraiment à nous sentir en vacances. Le vieux cimetière d'Athènes, non loin du stade olympique : telle a été notre première vraie découverte. Immense, doté de plusieurs parcelles, il s'ouvre sur un secteur dit de luxe, à la statuaire raffinée. La végétation méditerranéenne, les volumes mêmes du site en font un lieu agréable.
Des caveaux monumentaux, des dizaines de bustes de notables, de gradés militaires, parfois d'enfants ou de bébés. Des gisants ou des petites Acropoles en marbre blanc. En offrande, des fleurs séchées, des anémones opulentes. Le reflet d'une bourgeoisie athénienne de la fin du XIXe siècle, bien installée.
Il y a chez les chats d'Athènes et plus largement chez tous les chats du monde deux catégories : ceux qui se méfient de nous, et trottent menu, oreilles en arrière, pour nous éviter. Et ceux qui nous cherchent, qui nous collent. Ici Yorgos Sconimélanis, un jeune chat de cimetière, dont on se doute qu'il restera sa vie durant dans ce jardin éternel.
Aux abords de ce cimetière, plusieurs entreprises poursuivent l'œuvre de leurs aînés, la sculpture funéraire.
Pour le reste, nous retrouvons nos marques dans la ville.
01 mars 2026
Une tartine de houmous en suivant les infos
Houmous, tteokbokki, café décaféiné, bubble teas : telle était notre feuille de route initiale. À cela s'ajoutait une zlabia, si nous en trouvions une qui nous semble merveilleuse. Le soleil inondait la ville. Rue Hermel, nous avons pris notre barquette hebdomadaire de houmous, si délicieux quand on le tartine sur du pain grillé. De là, nous avons bifurqué vers Lariboisière et avons rejoint la rue Louis Blanc. Le petit fleuriste indien vendait ses guirlandes de soucis jaunes, de soucis orange. J'ai pensé au mollah Ali Kameinei, à sa ressemblance avec mon père, car je préférais en sourire. Les restaurants indiens accueillaient encore du monde, pour autant, pas de photo. Nous sommes ensuite passés place du Colonel Fabien, puis avons marché jusqu'à Paris Store. En chemin, des prostituées chinoises sur la voie centrale. Au supermarché, nous avons trouvé les tteokbokki* ensachés par lots, conservables dans un placard. Rue Faubourg du Temple, nous avions le soleil en pleine face. Première image, constat exaspérant : les femmes, dévolues au ménage ; aux hommes les boxers.
De là, à République, nous avons trouvé des shiitakés** et quelques autres légumes. Plein les pattes. Auxiliaire, métro : départ de la ligne 3 jusqu'à Caumartin. Un musicien interprétait brillamment un air que j'ai attribué par erreur à Prince. Il résonne en moi, pas cap de l'identifier.
Comptoirs Richard Lafayette : la vendeuse a les avant-bras tatoués de feuillages de caféier. En la quittant, je t'ai évoqué notre Dubaïote. Sur Whatsapp à 14h00,je lui avais fait part de mon inquiétude, le jeune homme avait trouvé les mots, comme toujours. Ma pensée trois heures plus tard : Ces dingues sont capables de viser la Palme de Jumeirah, tellement emblématique des EAU. Comme ton fils, tu m'as rassurée.
Aux bubble teas, la jeunesse, par petits groupes. Dégustations. Je t'ai dit : On est vraiment les seuls vieux à venir ici ! Tu t'es marré, nous sommes repartis avec nos trois thés.
Dans le métro du retour, j'ai songé à ce bâtiment comme en accordéon, bien beau, du côté du Faubourg du Temple :
Nous avons vite appris que la Palme avait été atteinte. Contacté, notre fils nous a aussitôt envoyé une vidéo de son environnement : paisible.
Ce matin, sur la 14, un jeune homme finissait sa nuit : il exhalait le vin blanc. Le parfum des jacinthes blanches de son bouquet ne surpassait pas cette odeur déplaisante. Je me suis demandée comment lui et son bouquet allaient être accueillis.
Depuis, je suis rivée aux infos du Moyen Orient. De la terrasse, je regarde s'effilocher les nuages, poussés par le vent. Les enfants grandissent et s'en vont, de par le monde. C'est chose normale. Et celui-là n'est vraiment pas ordinaire. Le chat Sirli*** est allongé près de moi, ses yeux semblent très rehaussés de khôl, son poil dansote (l'air est vif). Quand nous étions en rez-de-jardin, nous vivions avec les moineaux, les mésanges, les rouges-gorges, les geais. Les insectes. Nos chats étaient alors de terribles prédateurs. Quelques pies révoltaient Sirli quand elles chipaient quelques croquettes à la fenêtre. Depuis que nous sommes perchés en étages, corbeaux, pigeons et pies composent notre gent ailée. Sirli les craint, se terre sous le canapé. Observe parfois le coq, les poules en contrebas. Quelques hirondelles filent au loin dans le ciel bleu pâle. Ci-dessous, mon masque cage d'oiseaux, fait dans le projet Students with masks.
À la question : Combien de fenêtres sont devant nous, penses-tu ? Tu me réponds : Oh, facilement six cents.
Très tôt, nous en avons remarqué une, Lynchienne : sa lumière, certaines nuits, tressaute follement, sans arrêt, comme nous faisant de l'œil, comme dans Parasite, mais ce braille est incompréhensible.
D'autres fenêtres ont leurs vélos clivés sur des balcons étriqués.
Au petit-déjeuner, peu sont encore allumées. Tout le monde est déjà parti travailler, quand nous, nous étalons notre houmous sur notre pain grillé, en sondant l'horizon, un peu flou.
Dans notre environnement gentrifié.
*Pour la recette :
mélanger trois gousses d'ail hachées à une grosse cuillère à soupe de gochujang + 4 cuillères à soupe de soja + une lampée d'huile de sésame. Placer les tteokbokki dans une poêle, les recouvrir d'eau, et diluer la préparation ail etc. dans cette eau. Faire cuire à feu moyen en mélangeant de temps à autre. A côté, faire cuire des oeufs durs, les écaler et les noyer enfin dans la cuisson des tteokbokki. Consommer ce plat brûlant.
** 3 suffisent pour parfumer une omelette, ce n'est pas la ruine.
*** Sirli : nom donné à une variété d'alouette
22 février 2026
Rive Droite, Philippe Soupault, 1946
Plus le temps passe, moins nous allons Rive Gauche. Pourtant, c'était à l'origine le cœur de nos explorations. Samedi dernier, nous sommes passés à L'Ecume des pages pour y quérir La Boîte à pêche de Maurice Genevoix.Je n'ai pas beaucoup photographié par là. J'aime pourtant la librairie Tschann, quelques passages du jardin du Luxembourg, le souvenir de ses flaques automnales. La Gare Montparnasse, avant qu'elle ne devienne un empilement de boutiques, sa voûte grise et son vide brut. Du côté du Bon Marché, il n'y a pas de refuge possible pour le passant. J'aime la place de l'abbé Hennocque pour sa boulangerie, hélas fermée le samedi après-midi... mais là-bas, est-ce encore la Rive Gauche ?
La Rive Droite me semble plus nerveuse, plus jeune. Pleine de possibilités photographiques. Côté librairies, je vais chez Ici, près de Bonne Nouvelle ou aux Arpenteurs, non loin de la rue des Martyrs. En ce moment, je relis une édition originale de Journal d'un fantôme, de Philippe Soupault que mon père m'a donnée (car elle contient différents dessins et se rattache indirectement au travail précocément surréaliste de l'auteur, son lien à André Breton, aux Editions du Sans-Pareil). Le livre court d'octobre 1945 à mars 1946. L'auteur, "fantôme", témoin bouleversé de l'immédiat après-guerre, consigne ses impressions, ses rencontres, la couleur du ciel, celle des rues. Souvent, on le suit près de l'Opéra, à Belleville, aux Lilas, mais aussi près des Champs-Elysées, vers Drouot, « très sensible à la “grande mélancolie des avenues“ ». Soupault évoque la grève des journaux, leur contenu quand ils reparaissent. La foule et la solitude recherchée par chacun, sous la pluie ou dans le coton d'un matin brumeux; la mendicité banale, le marché noir encore présent, l'antsémitisme qui s'écrit à la nuit tombée sur les murs du métro près de L'Etoile, les files d'attente aux portes des boulangeries. Les retrouvailles avec des amis littéraires : quasi tous ont été prisonniers de guerre ou internés. Les yeux bleus d'une vendeuse de mimosa et de roses des couloirs de métro qu'il a connu en 1928, un jour de chagrin.
17 février 2026
Autoportrait au masque , Mardi-Gras
A la rentrée, le prof a parlé des étudiants du Bauhaus, qui, dans les années 1930, fabriquèrent des masques de toutes sortes, et furent photographiés avec. Trop beau ! A nous de jouer le jeu, et de créer nos masques, puis nos images. J'ai fait en tout trois masques. Celui-ci a été taillé dans des chutes de cartons IKEA et agrémenté de deux bobines de film 120, pour figurer les yeux.
J'ai vignetté l'image pour resserrer le portrait et monter en intensité.
C'est un masque aveugle, c'est un masque muet : il n'est pourvu d'aucune ouverture pour regarder, respirer ou chanter :
Mardi-Gras
T'en va pas
J'ferons des crêpes
Et t'en auras !
C'est un masque d'apparat, créé juste pour la photographie.
Il y a très longtemps, pour Mardi-Gras, nous composions une foule bruyante aux abords du théâtre et de l'hôtel de ville. Les pavés étaient bleus avant que d'être salis par des tirs d'œufs. La farine jetée par les plus farceurs ou anars d'entre nous poudroyait les costumes, voilait les voix, provoquait la désapprobation des passants. Derrière le loup dont la découpe inadaptée à mon regard réduisait ma vision de ce spectacle, tout était plus fort, plus exténuant aussi.
Un jour, un homme agacé, est sorti de sa voiture. Il a ouvert son coffre et en a sorti une carabine, qu'il nous a montrée froidement.
Un jour, un camarade s'est déguisé en Hitler, et de vieilles gens l'ont prié d'aller se changer.
Un jour, une amie a joué la femme accidentée, en portant toute la journée un bout de coton ensanglanté dans une narine.
Etc.
Le loup cadrait plutôt bien tout ces petits détails: ça a dû être mon premier objectif, aussi révélateur et limité que l'est un trou de serrure.
25 janvier 2026
Petite éclate cyanotypée
Il y a des techniques qui rendent heureux, vraiment. Parmi elles, le cyanotype, découvert il y a quatre ou cinq ans dans un cours de Paris Ateliers de Brenda Hoffmann. Quelques herbes, un spalter, une préparation chimique savante et du papier aquarelle composaient le kit de départ. La lumière de l'insoleuse, la sorcellerie. En bonne assistée, j'avais observé, puis singé les gestes. Et magie ! Tout était né sous nos yeux, de ce bleu irrésistible qu'une goutte d'eau oxygénée radicalise en un bleu puissant : le bleu de Prusse.
Cette fois, j'ai retrouvé les négatifs de quelques portraits de Louis Aragon et d'Elsa Triolet, faits à l'encre de Chine il y a ... trois ans environ.
Le papier aquarelle est ici le meilleur qui soit, un Canson à l'emballage rose, lisse, résistant aux multiples rinçages nécessaires pour ôter le superflu chimique jaune.
Mon système d'insoleuse crée des accidents intéressants, comme des dégradés d'arrière-plan, toujours une bonne surprise.
Voilà, ça sèche tranquillou avant d'être pressé sous des tomes du Robert de la langue française. Puis envoyé à bonne adresse.
14 janvier 2026
Haïkus de Richard Wright
Le prof nous a parlé de Richard Wright, de ses haïkus, traduits par sa fille :
«L'un des derniers souvenirs que j'ai de mon père, au cours de l'été et de
l'automne qui précédèrent sa mort, est son travail de composition de ces
milliers de haïkus. On ne le voyait jamais sans sa collection de haïkus sous le
bras [...] et je me rappelle qu'il en suspendait des pages et des pages, comme
pour les faire sécher, sur de longues tiges de métal tendues à travers l'étroit
coin-bureau de son minuscule studio parisien privé de lumière, ainsi qu'il le
faisait pour les photographies abstraites qu'il avait l'habitude de composer et
qu'il développait lui-même au début de son exil parisien.»
Du fond d'un apparte Le jazz bleu d'une trompette Tisse les brumes
Voilà la contrainte, voilà l'exercice.
Voilà le résultat
12 janvier 2026
Le soleil dans la maison
Depuis ma nouvelle adresse, je réalise combien la lumière naturelle est un luxe.
Au début, chez nous, autrefois, la lumière traversait le salon, et les chambres bien exposées profitaient abondamment du jour. Mais au bout de quelques années, le jardin a été planté de dizaines d'arbustes et de jeunes arbres à la croissance rapide. Oscillations des branches d'un pin, craquement des aiguilles au sol en plein été.
Par ailleurs, nous avons accumulé des livres, rétréci notre espace par une réorganisation de fortune, par manque d'espace. Tout le monde grandissait avant que de partir.
Vélo d'ado dans l'entrée, bibliothèque scindant un salon en deux espaces distincts, couloir encombré de livres et de cadres.
Nous avons appris à vivre comme des taupes. En fin d'hiver, la blancheur de la lumière au dehors nous surprenait. Moment d'adaptation aussi en rentrant, avec persistance rétinienne agaçante.
Maintenant, nous sommes inondés de ce bon soleil d'hiver. Et qui sait, notre enchantement sera saisonnier, car nous allons griller et souffrir cette lumière directe l'été.
Inscription à :
Articles (Atom)























