03 mai 2026
Actualités sans pixels
A la piscine, les bébés nageurs s'émancipent et se lovent contre leurs parents. Des mémés frétillent dans l'eau du grand bassin, et moi parmi elles. Tout en exécutant les mouvements soutenant le cardio, routine santé, je regarde passer les gens : les dessinés, les fringantes, les grenus, les boiteux, les musculeux, les timides, les ramollis, les invisibles. Les vaguelettes, la fraîcheur de l'eau, le mouvement, le soleil. Les bébés nageurs, qui se lovent contre leurs parents et s'émancipent. Les mémés pèsent lourd, quand elles remontent par la petite échelle, et moi parmi elles. Une mère myope, au corps éprouvé, assez perdue, serre contre elle un microbe de moins de trois semaines. Un autre s'accroche à sa cuisse. STOP. Sur le vélo, je rentre en goûtant le plaisir de vivre dans ce coin. STOP. Je ne veux ni gâteau, ni pain frais le 1er mai. STOP. Je ne suis plus sûre d'avoir envie de cette publication de livre, j'en ai parlé à mon éditrice. Envie d'avoir la paix : vanité des choses publiées. Réflexion en cours. STOP. Au jardin, ai photographié la menthe, les iris, les nuages bleus du soir. STOP. Hier, ai photographié une fille faisant de la corde à sauter, tandis que deux garçons étaient absorbés sur leurs portables. Photo avec vignettage fortuit. Ai fait cent-cinquante-quatre images ces derniers jours : moins de dix à retenir. STOP. Avons vu Dossier 137, excellent. Et il y a un mois, un film tout aussi bon, Revoir Paris. STOP. Bridge et Photoshop fatiguent mon ordi, le clouent au pilori. STOP. La statue est toujours à la même place. STOP.
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