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24 mai 2026

Le qi, Niepce et Moriyama

A cet instant, tes mains s'appliquent à se crisper, puis à se détendre, puis tu t'élances en avant comme le ferait un tigre. Répètes le mouvement plusieurs fois, regardes tes notes. Reprends. Ainsi, multiplies-tu les figures dans leurs moindres détails pour tes examens à venir. Tu suis le trajet des points d'acupuncture, tu en apprends les noms chinois. Cinq animaux, Huit pièces de brocart... Le qi gong t'a permis de résister au désarroi, d'endurer bon an mal an, il y a des années. Puis de te prendre au jeu, quand l'énergie a surgi, que tu as su la maîtriser, en ressentant tous les bienfaits. Décidément, la vie est étonnante.
A cet instant, je repense à l'expo consacrée à Daido Moriyama ouverte à la Fondation Cartier-Bresson, vue il y a quelques heures. Au-dessus de son lit, une reproduction de la première photo au monde, celle que Niepce a prise de chez lui (Point de vue du Gras).
Il l'a photographiée, à plusieurs reprises, sous plusieurs lumières, au Japon. Puis s'est déplacé à Saint-Loup-de-Varenne, pour photographier à son tour cette vue. Est allé jusqu'aux USA photographier la plaque de verre de cette image obsessionnelle.
Mais évoquer cette tocade pour Niepce serait réduire le travail du photographe. Ses images dites ratées, ses flous, ses décadrages efficaces. Ses autoportraits, magnifiques.