25 octobre 2026

Trop long pour écrit sur une gau

Le jardin était beau ce matin sous le soleil, sous le vent. Petit inventaire : menthe, basilic, thym, sauge, rhubarbe, citronnelle, cassis, laurier-sauce pour cuisiner. Sauge bleue, althéas, agapanthes, chrysanthèmes, iris, polygala, arbre à papillons, zinnias, cognassiers du Japon orange et rouge, arum, pivoine, chèvrefeuille, achillée, hortensias, anémones du Japon, iris, digitales, rose trémière, lavande, cyclamens nains. Certaines plantes ont été épuisées par trop de soleil. Il a fallu les changer de place. L'anis s'entête à repousser partout. Deux pieds de pourpier-fleurs ont été plantés, une centaurée aussi, mais les chats la recouvrent de terre. Je fais l'expérience du jardinage depuis un an. D'autres voisins, qui bénéficient aussi de terrasses végétalisées ont abandonné toute culture. C'est dommage, mais je reconnais, c'est un budget et une perte de temps peut-être. Je ne porte pas de gants, mes mains sont alors dans un état désastreux ; je trouve ça amusant.
Mes mains se sont fanées très rapidement. Cela fait bien longtemps qu'elles sont toutes ridées, comme défaites. Elles font plus que leur âge et cela aussi, je le constate avec distance, et amusement. Je m'en fiche, je les aime, elles sont tellement habiles. Couper des légumes en julienne, fastoche ! Dévisser un bouchon de Tabasco, sans les dents ! Apposer mes phalanges sur mes yeux fatigués, dès le matin.
Et puis j'ai replongé mes doigts dans un paquet de gaufrettes à la vanille, celles qui ont des petits messages elliptiques, désuets, idiots. Un jour, j'ai réalisé qu'une gaufrette ne contenait pas un message, mais trois, puisque le biscuit est composé de trois fines gaufres, dont deux garnies. Un message en cache deux autres, ça c'est un scoop !
Pour ne pas bouffer en toute ignorance ces mots, il faut prendre soin de desceller le gâteau, étape par étape*, pour faire apparaître les messages, les uns après les autres, et rêver à leur propos. Triptyque amusant. En écoutant ça Jacques Higelin Ballade pour Izia none IA por favor *Je vous ai apporté des gaufrettes vanille Nul si découvert vanille Trop long pour écrit sur une gau

13 octobre 2026

Jules et Jim

Il y a de cela quelques semaines, le fonds de Raymond Cauchetier a été cédé à la BNF. Quelques images sont parties aux enchères: cinq images de Jules et Jim. C'était hier. La fameuse course joyeuse de Jeanne Moreau, Oskar Werner et Henri Serres. Le dossier accompagnant la vente cite ces mémoires du photographe : « Mercredi 26 avril 1961 – 9 heures – Passerelle de Valmy – Charenton-le-Pont : En ces temps anciens, je continuais à travailler avec le Rolleiflex qui m’avait fidèlement servi pendant la campagne d’Indochine. Pour photographier cette scène devenue célèbre, je devais, faute de moteur, tourner la manivelle de l’appareil après chaque photo. Je n’ai donc pu prendre qu’une photo de l’arrivée de chacune des quatre courses successivement tournées par François Truffaut. Comme les photographes de sport, j’ai du choisir chaque fois le 500e de seconde qui me semblait le meilleur.» Le prix de départ de chaque photo était haut,j'imagine qu'on a dû se les arracher. La contemplation des variations, elle, reste gratuite. J'aime particulièrement un passage du film. Jeanne Moreau est comme photographiée par la caméra, multiplie les mimiques, assise sur un banc, à la coule, contre un mur blanc.
Je connais un chat qui s'appelle Jim. Il n'a pas son pareil pour jouer les funambules là où je vivais avant. Partant de chez lui, il fait le mur, puis saute sur un balcon voisin. De là, il dégringole sur un muret et de là, la pelouse parsemée de pâquerettes. Puis il entre chez les voisins, et va se tortiller sur les tapis de bain. Jim est le chat d'une dame divorcée, vivant seule avec son fils, Jules.
Cela fait un an que nous ne nous sommes pas vus. Jim était tout de même un peu fêlé, du genre pique-assiette, de type Antoine de Maximy. No IA Please, en écoutant Cyrus Bassiak, alias Serge Rezvani