20 mai 2026
6x6 = Post-it
Au travail, je vais souvent fourrer mon nez dans l'armoire à fournitures, pour en explorer le fonds P.-I. il y a en effet toujours plein de ces papiers collants communément nommés Post-it. Des rectangulaires, grands ou tout petits. Des carrés. Côté couleurs, les arrivages sont plein de surprises et c'est parfois des mauves, des vert cru, des jaunes d'or ou paille. Orange vibrant. Le format carré est semblable à la visée du fantasmatique Rolleiflex Planar : moyen format 6x6. Initialement inventé pour figurer dans les journaux, le 6x6 n'est pas le mieux adapté au paysage, ni à la règle des tiers, mais c'est un défi que ce format bizarre pour engager des portraits.
Mais revenons aux Post-it : une vieille histoire personnelle, reliée à la pause rêverie, nécessaire soupape quand les travaux intellectuels prennent l'essentiel du temps. Dessiner, c'est comme aller changer le toner de la photocopieuse ou extraire une feuille importune de ses entrailles, sans la déchirer je vous prie, avec des prudences d'obstétricienne. Dessiner, c'est le geste premier, celui qui sauve. Qui aère, qui reconnecte à la vie matérielle et à l'inconscient.
Mes collègues me voient crayonner parfois. Entre deux release, quand une mise à jour est ordonnée. Quand la journée s'étire, que la fatigue est installée. Des petits dessins venus de je ne sais où, pleins de défauts, faits en trois min maxi, qui finissent souvent dans la poubelle, collent à son sac noir froissé. Ne tardent pas.
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