20 mai 2026
Du fond d'une boîte de thé, le Luxembourg
Fabriquer un sténopé est une expérience photographique amusante. On s'attache vite à cette boîte de thé vide, que l'on a trouée exprès avec une perceuse pour bijoux. On a posé un obturateur, un aimant, que l'on a fixé au scotch, avant que d'insérer le plan film 4x5. Ensuite, il convient d'expérimenter cette camera obscura dehors. Nous, c'était au Luxembourg, un soir de mai frisquet, entrecoupé d'abats d'eau.
Au travers d'un tout petit trou, une minute d'exposition suffit pour impressionner le film et rendre compte de la pluie, du sol détrempé, des arbres goutteleux. La lumière filoche. La deuxième prise est plus floue. Le bon bain de soleil d'arrière-plan n'est pas évident, le premier plan... embrumé : insatisfaction.
Le dernier film a été posé devant la fontaine Médicis, dont le fantôme semble planer. Marrant, l'eau est lisse, comme gelée, temps de pause.
J'ai hâte de recommencer l'expérience au plan film 4x5, qui permet d'avoir plus de détail que le sténopé déroulant une pellicule de 120. J'aime dans le sténopé les perspectives explosées, les valeurs de gris réduites, la trouée du ciel, l'aspect vieillot de l'ensemble, qui me fait rêver. Il y a plein de choses à apprendre encore de ces boîtes de thé.
Katcharpari, pour bande-son. Enrico Rava svp.
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