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19 juillet 2026

So hush little baby

Un poste de radio grésille, Summertime est joué. Le passé remonte à la surface. Jazzer, c'est vivre. En ce moment, un jour se décalque sur un autre, voilà la monotonie des jours tranquilles. Tous se ressemblent et il est bien possible que plus tard, ils reviennent en mémoire, nimbés, sacralisés. La manière dont l'on se réveille, celle qui nous met en appétit. Des tranches de pastèque, la couleur divine autant que la texture, de ce rouge qui ne l'est pas. Le soleil monte assez vite, alors marcher à l'ombre. Traîner, lire, bâiller, s'allonger, s'assoupir, ouvrir les yeux, les clore. S'en remettre au réel, et une fois d'aplomb, marcher loin, comme un défi. Quand on rentre tard, on ne fait rien de plus utile ou construit. Et tous les soirs se ressemblent quand vient le temps de rêver peut-être. Dans cette vie heureuse, exceptionnellement banale, rassurante, on sait vivre une petite éternité. L'esprit muse et rappelle des figures, des sensations, des détails. Introspection critique, contemplation des chats, du jardin assoiffé. On se voit vieillis et on en tremble, mais que faire ?
Une vente aux enchères, un coup de dés, de l'audace, et voilà l'appareil de rêve qui vous est soudain possible. La facture initiale est là : le nom de son premier acquéreur intrigue. Dans sa matrice, une pellicule. 36 poses. On la développera, pour le jeu.
Pour cet appareil, j'ai mis le temps. Je dois maintenant travailler l'argentique. Le reste sera sans doute en stand-by, les mois à venir. Mes amis de la photo vont me manquer. Mais je dois vraiment travailler aux sources de l'image, je dois.