20 avril 2026
Trois minutes dans un jour
Ces matins, je passe par une rue longue, très ensoleillée. Ma silhouette m'y devance et s'y étire pleinement. Combien je m'amusais de cette ombre portée enfant, de ce corps déformé au sol, de la silmultanéité de mes gestes par terre, sur un muret, qu'importe. Tout au long de cette longue rue, le jeu reprend ; mon regard est aussi attiré par les gens croisés, embellis par la lumière directe. Kodachrome. Les rouges sont intenses, les blancs, éclatants. Je ferais sans doute mieux de veiller à ce qui peut surgir à droite, à gauche, exclusivement. Mais je ne puis résister à suivre l'ombre au sol comme à me faire des photos (comme on se fait des films). C'est pas mal fichu, une cervelle, tout de même, à pouvoir jouer le pilote automatique tout en s'étonnant de l'étirement d'une ombre, de la photogénie des passants. Mais voilà déjà la place bordée d'arbres, et l'ombre généralisée. Des voitures sortent de tout côté : fin du game.
Le soleil dans le dos, ça vous fait des échasses fabuleuses... pareilles à celles des Parisiennes de Kiraz, ces lianes stylées sexy dont les compagnons tout aussi longilignes avaient l'air idiot. J'ai dû lire ça dans Jours de France autrefois. Papier glacé froissé, salle d'attente, odeur de clou de girofle mêlée de tabac. Les couleurs des dessins étaient fines, tout en camaïeux. Leur humour m'échappait, comme celui des vieilles dames de Jacques Faizant, austères. Aujourd'hui, la férocité de ces dernières me plaît bien.
Côté musiques, j'aime bien ça.
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C'est drôle, j'ai précisément pris une photo de mon ombre ce matin.
RépondreSupprimeril faudra la diffuser :)
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